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Droit à la copie
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Xav
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Inscrit le: Mar 21, 2004
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MessagePosté le: 15/11/2007 10:37    Sujet du message: Droit à la copie Répondre en citant

Et voila c'est officiel
Citation:
Après les clés USB, les DVD vierges , les cartes mémoires, les baladeurs numériques et les disques durs externes, la commission d'Albis a décidé de taxer au titre de la rémunération pour copie privée, les disques durs multimédias, ceux là même qui permettent de regarder des films téléchargés légalement (ou pas) sur un téléviseur.

Citation:
La commission, composée des représentatns des ayants droits (majoritairement), des industriels et des consommateurs, a pour mission de determiner le montant de la rémunération sur les supports vierges afin de compenser les droits des auteurs, artistes interprétes et producteurs.


Le raisonnement : Ils taxent les périphériques au titre de "la rémunération pour copie privée" et pour "compenser les droits des auteurs".

Le principe de taxation n'est vraiment pas nouveau. Ils ont juste oublié les disquettes ...

Sur ces taxes, je relève 2 cas de figure :
1) L'utilisateur X ne télécharge pas et ne copie rien. Il se fait couillonner car il paie la taxe comme les autres.
Résultat : Ça l'encourage à copier.
La réflexion : "Bin oui, je paie une taxe, autant en profiter".
2) L'utilisateur Y télécharge déjà.
Résultat : Ça l'encourage encore plus à copier.
La réflexion : "Bin oui, faut bien amortir la taxe".

Enfin bon, on vit avec. On ne s'en préoccupe même plus. Il y a plus grave, j'en conviens.

Par contre, j'aimerais bien voir un jour les majors admettre que les baisses de vente de CDs (par exemple) ne sont pas dues aux téléchargements mais bien à l'offre proposée aux consommateurs ("Artiste beuglant de la Star Académie", les compils vues vues et re-vues, les artistes que l'on nous ressort des placards) + prix pratiqués, on aura fait un grand pas.

Et si tout ceci n'était qu'une histoire de lobbying Question Rolling Eyes
Radiohead propose leur dernier CD au prix fixé par l'acheteur

Et pour achever tout ça :
Oasis et Jamiroquai sur les traces de Radiohead

Nouveau réseau de distribution Question
Effet à la mode Question
Les majors ont du souci à se faire Rolling Eyes
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MessagePosté le: 15/11/2007 11:44    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne sais pas si ça à changer mais la taxe sur les dvd était de 1,59 euro par disque (en france). Un dvd + la boite (coffet) moins de 1 euro en angleterre et c'est légal Exclamation
http://www.ketta.com/catalog/dvdr-c-21.html?currency=EUR
ps cherchez l'erreur Laughing
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Xav
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MessagePosté le: 15/11/2007 13:13    Sujet du message: Répondre en citant

L'erreur s'est l'UE avec la non harmonisation des taxes.

Ze best of ze Best c'est l'Andorre Wink
CDs / DVDs / Matériel informatique / Alcool / Cigarettes / Parfums / Essence, c'est une autre planète. Wink
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rueda
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MessagePosté le: 15/11/2007 13:34    Sujet du message: Répondre en citant

Oui encore une taxe totalement injustifié ! Cela dit, à peu près tout est taxé en France, alors il fallait trouver un pretexte pour taxer ça aussi.
Etant donné que de nos jours, o peut acheter facilement à l'étranger (pas qu'en UE, l'US avec un dollard faible est pas mal !), je ne suis pas sur que ce genre de mesure ne fasse pas plus "perdre" que "gagner"...

Pour ce qui est de l'initiative (excellente) de Radiohead, et bien j'éspère que ça se généralisera, et qu'enfin ce soit les vrais personnes méritante qui touchent le blé !
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Road_Crusher
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MessagePosté le: 15/11/2007 13:55    Sujet du message: Re: Droit à la copie Répondre en citant

Xav a écrit:
Le raisonnement : Ils taxent les périphériques au titre de "la rémunération pour copie privée" et pour "compenser les droits des auteurs".

Enfin bon, on vit avec. On ne s'en préoccupe même plus. Il y a plus grave, j'en conviens.


Oui effectivement il y a pire, parce que je les vois mal reverser cette taxe pour compenser les pertes en termes de droits d'auteur liées au téléchargement illégal de la musique sur internet et aux copies pures & simples! C'est bien ça le pire : ils taxent mais les auteurs ne voient ni la couleur ni l'odeur de cet argent! Ah si l'odeur je la sens bien, ça sent la m... lol

Cela dit s'ils trouvent le moyen de reverser équitablement cette taxe... pffffffffff!!!

Xav a écrit:

Par contre, j'aimerais bien voir un jour les majors admettre que les baisses de vente de CDs (par exemple) ne sont pas dues aux téléchargements mais bien à l'offre proposée aux consommateurs ("Artiste beuglant de la Star Académie", les compils vues vues et re-vues, les artistes que l'on nous ressort des placards) + prix pratiqués, on aura fait un grand pas.


Exact, malheureusement les disques de qualité sur des styles moins grands public patissent tout autant de cette baisse, et même plus puisque la diminution des ventes s'applique sur des volumes de vente déjà faibles (donc impossible de baisser les prix pour eux). Les produits "basse qualité" des majors peuvent trouver d'autres modèles de rentabilité puisque les coûts de ces projets sont principalement des coûts de promotion et que ceux-ci sont comprimables et modelables, alors que les musiques de qualités visant un public plus restreint, aujourd'hui souvent produites par les sociétés de prod indépendantes, ont souvent des budgets très limités difficiles à réduire car principalement liés à des coûts de production et des dépenses de promo minimales et incompressibles.

D'autre part, les distributeurs ne font pas de distinction sur les produits et appliquent des taux de marges (énormes!) uniques sur toutes les références, ce qui veut dire qu'une major qui vend un disque 2 fois moins cher qu'un indépendant parce qu'elle va en vendre 20 fois plus va se retrouver à un prix largement inférieur puisque le taux de marge est indentique. La première chose à faire serait que les distributeurs ET les magasins réduisent les taux de marge sur les produits qu'ils "achètetent" plus cher pour redynamiser leur propre activité. Le disque n'est pas cher, il y a juste 19,6% de TVA et plus de 100% de marge pour les distributeurs et les magasins. Il faut se rendre compte que TOUS les acteurs de la musique subissent les effets de la crise et TOUS font des efforts et essayent de s'adapter SAUF les distributeurs et les magasins. Comme c'est eux qui font le plus d'argent et que ce sont eux qui sélectionnent l'offre pour le public, tant qu'ils ne feront pas d'efforts rien ne va marcher. Il faudra aussi que les chaînes de magasins apprennent à faire confiance à leurs vendeurs en leur laissant le choix de l'offre au lieu d'appliquer bêtement des accords ridicules avec des majors. Je ne parle même pas des radios dans lesquelles, même si en France le système est plus vicieux et caché, il faut d'une manière ou d'une autre payer pour avoir un titre qui tourne régulièrement.

Les acteurs finaux de la musique (vendeurs et programmateurs) ont trop souvent les mains liées. C'est le même système dans le cinéma où les distributeurs font la loi, mais il reste encore la TV pour essayer de travailler plus librement et avoir une offre moins restreinte. Le seul à pouvoir agir sur ces acteurs finaux c'est le public. Le public en a marre des majors? Qu'il n'achète pas et qu'il arrête d'écouter les radios. Attendre une meilleure offre c'est une illusion, elle est déjà là, mais ce ne sont pas les majors qui la propose (quoique, certains catalogues et artistes de sociétés indépendantes ont été rachetés par des majors mais passent inaperçus, sauf que leurs disques sont vendus 10 euros au lieu de 20 auparavant).

[/quote]

Xav a écrit:

Et si tout ceci n'était qu'une histoire de lobbying Question Rolling Eyes
Radiohead propose leur dernier CD au prix fixé par l'acheteur

Et pour achever tout ça :
Oasis et Jamiroquai sur les traces de Radiohead

Nouveau réseau de distribution Question
Effet à la mode Question
Les majors ont du souci à se faire Rolling Eyes


Attention : tout simplement ces gens sont ce qu'on appelle des enfoirés. C'est comme si demain, un mec commençait à bosser gratuitement en tant que comptable. Forcément le mec qui bosse gratuitement sera embauché et les autres comptables qui veulent un salaire vont se faire virer. C'est un raisonnement simple qui veut que la règle de base en matière artistique soit que l'on ne travaille pas gratuitement. Malheureusement de plus en plus d'artistes en galère ou jaloux (et en général de mauvaise qualité et amateurs) acceptent de travailler pour une misère, cassant le marché et coupant l'herbe sous le pied des gens sérieux.

C'est encore pire lorsque des gens qui se sont fait des millions sur le dos de leur public leur propose ensuite un disque gratuit. Ce geste est malheureusement pris par le public comme un nouveau mode de distribution et un véritable modèle économique alors qu'il devrait être vu comme un cadeau pour les fans (concrètement un disque comme celui de Radiohead ne coûte rien au vu des ventes qu'ils peuvent faire même sans promo). Pour un groupe comme Radiohead l'opération devrait être à peu près rentable (la promo doit être à peu près automatique et donc avoir un coût négligeable - l'argument de vente étant le mode distribution et non le groupe en lui-même). Pour la majorité des producteurs (car dans ce cas Radiohead n'est pas artiste mais producteur, chose qu'oublie le public en général) sortir un disque et le rentabiliser sans promo et sans réseau de distribution traditionnel c'est une chose totalement impossible.

D'autre part, je ne sais plus quel groupe de rock assez connu avait déjà réalisé cette opération il y a quelques années mais ce qui est certain c'est qu'il n'est pas entré dans l'histoire comme Radiohead (bravo la communication, ils ont réussi à faire croire qu'ils étaient les premiers). Comme quoi ce n'est pas évident du tout de réussir avec ce mode de distribution. Avant ces groupes il y avait d'ailleurs déjà eu Ruben Blades qui lui aussi se fout de gagner de l'argent avec ses disques. Moi je vois surtout dans ces démarches un gros coup de pub beaucoup moins cher que n'importe quelle campagne de pub liée au lancement d'un disque, il ne faut pas être naïf. Combien de personnes disent aujourd'hui que Radiohead sont trop cools parce qu'ils ont utilisé ce système?

Le fait que Radiohead et Jamiroquai fassent un cadeau à leurs fans est bien dans l'esprit, mais par respect pour les autres professionnels de la musique, ils ne doivent pas le faire. Surtout que leurs fans ont déjà montré auparavant qu'ils avaient les moyens de se payer leurs disques. Et dans le contexte actuel, c'est vraiment une mauvaise idée de confirmer l'opinion de la gratuité de la musique (oui oui je sais, on donne ce qu'on veut sur le site de Radiohead...) ; car actuellement ça se propage dans tout le secteur, le travail gratuit dans les médias était déjà une mentalité répandue, aujourd'hui ça devient catastrophique. Le public ne veut pas payer, les médias ne veulent pas payer, les producteurs ne peuvent donc plus payer et les prestataires intellectuels des médias (musiciens, animateurs, experts) ne sont plus payés.

Le seul que j'ai entendu s'exprimer sur Radiohead, même si je n'aime pas sa musique, est Stephan Eicher. jalousie dirons certains, respect vis-à-vis de ses pairs je dirais plutôt. De la part de Radiohead, c'est plutôt un gros coup de pub sur le dos de l'ensemble des professionnels du disque et des médias. Manquer de respect juste pour faire sa pub, c'est ce que je retiens de cette démarche, un groupe comme Radiohead n'avait a priori pas besoin de ça. Ou alors peut-être n'étaient ils pas assez rentables pour leur maison de disque (et oui, n'oubliez pas, vendre des millions ça ne veut rien dire, l'important au bout d'un moment c'est de rapporter de l'argent) et à ce moment là je pourrais comprendre la démarche (mais ils auraient du fixer un prix minimum).

La démarche de Radiohead serait intéressante s'ils promotionnaient d'autres artistes moins connus qu'eux au travers de leur site et de la vente de leur disque. Tout simplement en fixant un prix minimum et en présentant en même temps que leur disque le disque d'autres artistes. Seulement ceci est impossible, la jalousie et la peur sont les véritables maux du monde artistique... Imaginez que le disque d'un inconnu se vende mieux que le leur?!!! Economiquement parlant ça n'a pas d'importance car ils seront toujorus gagnants, mais pour l'égo ça fait très mal...

Bref, une taxe mise en place par des irresponsables politiques qui connaissent autant le milieu musical que le prix du ticket de métro, des groupes qui se permettent de se faire un nom sur le dos des pauvres (et oui, c'est ça qu'ils font au final), tout ça se paiera d'une manière ou d'une autre, et au final, c'est le public qui va le payer, car c'est bien connu : on ne voit les problèmes que le jour où ils nous atteignent directement... Pourtant quand on se plaint de l'omniprésence d'une offre daubesque, c'est déjà qu'on se pose les bonnes questions, mais pourtant l'offre musicale n'a jamais été aussi variée qu'aujourd'hui : la production indépendante explose et les disques sortent malgré la crise du disque. Mais si personne ne s'y intéresse et que personne n'achète, les distributeurs (les vrais grands voleurs de l'industrie musicale) réduisent les commandes et il ne reste que les produits daubesque que pourtant tout le monde achète parce que tout le monde connaît. C'est pour ces productions qu'il ne faut pas que les majors baissent encore le prix du disque ; elles le font déjà régulièrement et ça fait mal aux indépendants qui doivent baisser la qualité de leur packaging, plus important pour beaucoup que la musique en elle-même...

La vraie question c'est : est-ce que la musique est du dentifrice ou est-ce la culture et la vie? Si c'est du dentifrice, alors la situation actuelle est presque normale mis à part la gratuité proclamée de la musique (beaucoup voudraient payer moins cher pour un disque que pour un tube de dentifrice...). Si c'est vraiment une produit culturel d'exception, alors comme tout domaine culturel, il faut se faire sa culture, apprendre, chercher, découvrir et savoir, éviter de se laisser manipuler par quelques émissions et publicités débiles, ça prend du temps, mais quand on le fait on sait pourquoi on paye car on sait vraiment ce qu'on aime et ce que l'on a plaisir à écouter.

Attendre de se faire éduquer par les majors est un mauvais raisonnement, elles pourraient le faire mais vu les sommes qu'elles mettent elles ne veulent pas le faire. Ces gens là ne prennent plus de risques... Le niveau de culture musicale en France est très très faible et il est évident que le système éducatif et les medias ne font rien pour résoudre ce problème. Un public qui voit en certains artistes des visionnaires (pas de noms SVP) alors qu'ils ne sont que des artistes mineurs dans leur genre est un public qui manque de culture musicale (c'est vrai dans d'autres pays mais la France on connaît bien). Et le souci c'est que les artistes d'aujourd'hui manquent eux aussi de culture musicale et ils vont influencer les futures générations d'artistes dont ils vont être les références. A l'heure actuelle combien de mélanges musicaux sont tentés de manière foireuse alors qu'ils ont déjà été faits il y a des années de manère bien plus intéressante et avec talent?!

Et là je ne parle que de la musique, il faut voir les films, les jeux... N'oubliez pas : on a les produits qu'on veut avoir.
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MessagePosté le: 15/11/2007 14:21    Sujet du message: Répondre en citant

rueda a écrit:
Pour ce qui est de l'initiative (excellente) de Radiohead, et bien j'éspère que ça se généralisera, et qu'enfin ce soit les vrais personnes méritante qui touchent le blé !


En dehors de ce que je pense de leur démarche, il faut savoir que sur un disque les artistes touchent ce qu'ils méritent de toucher. Le plus gros du travail est réalisé par la maison de disques (et le succès de l'opération de Radiohead est uniquement lié au travail qu'avait effectué leur maison de disques auparavant). Le lancement d'un disque représente plusieurs mois de travail de nombreuses personnes alors que la composition et l'enregistrement prennent 1 mois en étant cool. D'autre part Radiohead est producteur dans cette affaire, pas simple artiste. Même le plus grand et talentueux artiste au monde (si on admet que ça puisse exister) sortant son disque directement sur Internet vendrait entre 10 et 30 disques (ce qui est déjà beaucoup sur internet pour un inconnu). Et le travail de promotion pour arriver à vendre ces 30 disques serait considérable. Détacher et opposer l'artiste et le producteur sont un non-sens. Les seuls qui fournissent un travail minimum pour une commission surrévaluée sont les distributeurs.

La plupart des artistes aujourd'hui vendent leur disque eux-mêmes sur internet, si ça marchait, ça se saurait...
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rueda
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MessagePosté le: 15/11/2007 14:51    Sujet du message: Répondre en citant

Tu parles de produit "culturel", mais c'est quoi qui est le plus culturel, le travail de l'auteur/compositeur/artiste, ou celui du producteur ?
S'il l'artiste ne vends que 30 disques, c'est déjà très bien ! Mais moi, je n'y crois pas du tout, si un produit est bon, il se vends, et pour ça, pas besoin de "promo", le bouche à oreille suffit (surtout de nos jours avec internet)!
Il y a une quantité de produits qui ne font pas de promo et qui marchent de folie, je ne vois pas pourquoi cela ne marcherait pas pour le disque ?

Enfin, on ne va pas recommencer le débat, on risque de pas en sortir ! Laughing
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Road_Crusher
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MessagePosté le: 15/11/2007 17:09    Sujet du message: Répondre en citant

Et bien c'est justement avant tout un produit donc c'est bien par définition le travail du producteur qui crée ce produit. Le travail de l'artiste est à la base de ce produit mais n'en est pas la composante principale ; la preuve étant les artistes daubesques qui sortent régulièrement et qui tiennent le haut de la marche, résultat du travail du producteur et non pas de l'artiste.

Concernant les ventes sur internet, oui 30 disques tout seul dans son coin c'est énorme, c'est bien ce que je dis. Mais sachant que l'invesitessement représente plusieurs milliers d'euros, je te laisse faire le calcul...

Et non si tu t'intéresses un peu au business de la musique, tu verras que les cas où des artistes arrivent à percer par le biais du net sont très marginaux et que de toutes façons même pour ces artistes les ventes s'effectuent principalement en disques physiques. Beaucoup de gens qui vendent leur disque sur internet en ayant sur leurs disques des musiciens et des arrangeurs qui travaillent habituellement avec les plus gros artistes en termes musicaux et commerciaux (je parle au niveau international et pas seulement France) ne vendent strictement rien sur internet, malgré des bonnes critiques et le bouche à oreille. Les exemples sont légions. Je parle de professionnels, pas de petits artistes qui ont éclaté parce qu'un cocaïnoman d'une major a eu un coup de coeur pour eux et devait justifier son salaire au plus vite. Pourtant c'est bien eux qui marchent.

Combien as-tu acheté de disques vendus uniquement sur internet sur le site de l'artiste? Il faut reconnaître tout de même que sans communication le meilleur moyen de vendre reste la présence dans les rayons musique des grandes chaînes de magasins de disques et non pas un site de vente inconnu d'un mec inconnu. Crois-moi, je travaille assez dans ce domaine pour t'affirmer que ça ne marche pas. Et si un mec avait cartonné en vendant seulement son disque sur internet, ça se serait su immédiatement tellement ça fait partie du domaine rêve.

D'autre part, il faut savoir qu'à la base l'artiste vit avant tout de ses concerts, non pas de la vente de disques. La vente de disques c'est une carte de visite pour lui et pour les musiciens studio (qui eux ne touchent pas de pourcentage sur les ventes en général, ils sont à la charge du producteur donc), le travail est principalement assuré par le producteur et c'est à lui qu'appartient l'enregistrement. L'artiste doit être capable d'assurer ses revenus avec ses concerts. Le problème c'est qu'aujourd'hui les organisateurs de concerts sont peu regardant sur la qualité et sont peu exigeants d'un point de vue professionnel, et le public fait rarement la différence entre un bon orchestre et un orchestre amateur, idem pour les chanteurs. A l'arrivée on se retrouve avec des pros qui coûtent cher et des amateurs qui acceptent d'être payés une misère car ils ne valent pas plus (et souvent ils ont un travail en parallèle et font ça comme un hobbie, ce qui tue le marché du concert). Le public n'étant lui-même pas regardant sur la qualité, on lui met un orchestre amateur sous le nez et il est content, et on lui vend ça le prix d'un concert professionnel bien sûr (on appelle ça du vol). Donc au final les très bons musiciens ont du mal à travailler aujourd'hui et la qualité des spectacles offerts diminue. Et comme un concert mutliplie les ventes en peu de temps, on se retrouve avec des artistes moyens, voire très faibles, en tête d'affiche et en tête des ventes.

Donc au final les professionnels indépendants sérieux , qu'ils soient producteurs ou artistes, n'ont aucune chance d'arriver à quoi que ce soit si les gens ne sont pas prêts à aller voir un peu plus loin que le bout de leur nez. On appelle ça un cercle vicieux. Mais pointer du doigt l'industrie du disque dans sa globalité et en particulier les maisons de disques est une grave erreur. La diversité de l'offre est bien réelle et n'a jamais été aussi grande (bien qu'elle diminue fortement depuis 2 ans dans les chaînes de magasins de disques car la diversité n'a pas intéressé le grand public)

Pour te montrer la valeur du travail d'un artiste sur une production il faut observer les différents postes budgétaires :
- le chanteur ou le groupe, payé en pourcentage des ventes, souvent cité comme me seul "artiste" ;
- les musiciens, directeurs musicaux et vocaux, eux aussi artistes, mais payés cash ;
- les studios et les ingénieurs du son, eux aussi artistes mais actuellement considérés comme secondaires car leur travail peut être effectué par un minable qui sait se servir d'un logiciel et qui a un peu de matos ; payés cash également ;
- les auteurs compositeurs ; payés cash en fonction du prix de vente mais au moment de la fabrication des disques ;
- le chef de projet dit le "producteur" : celui qui choisit tout le monde et décide de l'orientation du disque ;
- les fonctions marketing ;
- les fonctions financières et gestion ;
- le budget communication, incluant les éventuels clips vidéo (clip dont le budget peut s'avérer largement supérieur à celui de l'enregistrement) ;

Au final, tu peux voir que le dit "artiste", soit le chanteur, est presque un détail de la production et le seul qui prend un risque au final reste la société de production qui sort tous les sous. C'est normal que sa rémunération soit en conséquence. Par ailleurs, ce que l'on ne dit pas c'est que souvent les artistes qui ont quelques millions de côté commencent à vouloir produire en partie leurs disques pour augmenter leur part du gâteau. C'est pour toutes ces raisons que l'opposition artistes /producteur n'a pas lieu d'exister. C'est certain que quand tu as gagné des millions, et que tu le dois en grande partie à ta maison de disques (désolé mais Radiohead tous seuls, ils n'auraient pas vendu plus de 100 disques en France, et ça c'est en admettant qu'ils aient réussi à faire parler un peu d'eux outre-atlantique), t'as envie de manger plus sur tes disques, et c'est facile de zapper ta maison de disques après qu'elle ait littéralement construit ta notoriété à coups de millions de $. Et oui, dans la plupart des pays, il faut pouvoir allonger plusieurs millions de $ pour qu'un premier album fonctionne et passe pour un produit de qualité auprès du public. A part les dealers internationaux, seule une maison de disque peut le faire. Et on sait qu'à l'heure actuelle le grand public donne de la valeur à un artiste qu'à partir du moment où ces millions sont mis sur la table.

La première chose que devrait savoir le grand public serait que quel que soit le style de musique à l'heure actuelle, les têtes d'affiche sont rarement capables de rivaliser avec les seconds couteaux de leurs styles musicaux respectifs. A partir du moment où ce constat sera clair pour tout le monde on pourra envisager le business de la musique autrement. Mais on en revient à ce que je disais, la culture musicale, sans pour autant tomber dans l'élitisme, est très loin d'être répandue dans nos douces contrées.

N'oublie pas pas Rueda : à partir du moment où tu es pro, tu es payé. Si demain on décide que ton boulot ne doit plus être payé, ou qu'un mec prend ta place parce qu'il ne réclame pas d'argent en contrepartie de son travail (parce qu'il a gagné au loto la veille par exemple), tu comprendras la position actuelle des artistes.

Que 0.000000001% des artistes professionnels (je ne parle pas des amateurs) gagnent des millions avec de la merde ou des choses de qualité, ça peut énerver, mais pour les autres ce n'est pas le cas malgré beaucoup de travail, malgré des disques et des concerts. Et si les 0.000000001% décident que leur musique ne vaut rien du jour au lendemain, ils laissent croire aux public qu'ils peuvent consommer TOUTES les musiques gratuitement, y compris celle des autres qui eux travaillent et méritent d'être rémunérés pour leur travail. Et je ne parle que des artistes, mais ces 0.000000001% des artistes représentent encore moins l'ensemble des professions liées aux métiers de la musique, artistiques ou pas, qui elles aussi méritent d'être rémunérées. Ce n'est pas normal qu'une infime minorité, plus que marginale, se permettent de prendre une décision symbolique pareille sans l'aval de l'ensemble de la profession. Personnellement en admettant la démarche, j'aurais préféré qu'ils envoient leur disque gratuitement tout simplement, comme cadeau aux fans.

Enfin bref, on ne va pas refaire le débat, mais je ne le répèterai jamais assez : c'est le public qui choisit, les producteurs et les artistes disparaissent selon leur bon vouloir. Mais aux gens qui me disent que l'offre est minable, je dis non, je mets au défi qui que ce soit de me dire qu'il connaît toutes les musiques et tous les artistes existant, sachant que dans les grands magasins, pour un style donné, les rayons ne contiennent pas plus de 0,001% des disques existant dans ce style.

Maintenant si personne ne veut payer, alors il ne restera vraiment plus que les disques des morveux de la Star ac' (qui sont cela dit souvent meilleurs que les soit-disantes stars qui viennent y montrer leur total manque de professionnalisme) écrits par des auteurs incompréhensibles aux mélodies 1000 fois entendues (si ces auteurs écrivent eux-mêmes leurs chansons, c'est déjà ça vous me direz) et là il n'y aura vraiment plus d'offre. D'ailleurs, comme je l'ai dit, depuis 2 ans, le mouvement s'est entamé donc c'est maintenant ou jamais qu'il faut réagir.

Oooooops, j'oubliais, il restera bien sûr les disques accompagnés des magnifiques clips avec des superbes muses en string moule-chatte, histoire de donner le bon exemple à nos enfants... Wink

Ce qu'il faut comprendre, c'est que la musique, les artistes et les producteurs, n'existent que parce que le public les soutient. Ecouter sans acheter ce n'est pas soutenir, surtout s'il n'y a pas de concert (et oui pour faire des concerts faut avoir des ventes qui elles-mêmes sont boostées par les concerts). Si le public n'en veut pas, très bien, mais il ne faut pas qu'il se plaigne. Et c'est évident qu'une taxe qui va être reversée de manière probablement de manière arbitraire à des gens qui n'en ont pas besoin, c'est totalement débile. On ferait mieux de s'en servir pour rendre obligatoire des formations sur l'histoire de la musique dans les collèges ou un truc du genre. Et là on aura une chance de relancer la machine.
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MessagePosté le: 15/11/2007 19:34    Sujet du message: Répondre en citant

De biens beaux éclaircissements Very Happy

Pour Radiohead, je n'avais pas envisagé sous cet angle.
C'est vrai qu'étant déjà connu, le gros du boulot est fait. Comme tu le dis, ça en revient à la maison de disque. Et ça change la donne.

Et les artistes qui percent via Internet sont une minorité.
Laurie, Kamini et et et Question (je sais pas)
Je ne sais pas si on peut les qualifier d'artistes ... Ils vendent des CDs en tous cas. Rolling Eyes

C'est comme les gars de la star ac. 1 semaine dans le Chââââteau et c'est déjà des artistes.
Artistes ne veut plus rien dire ...




Quand tu vois des services comme Deezer, il y a quand même de quoi se poser des questions.

Citation:
Deezer.com est le premier site gratuit et légal de musique illimitée à la demande. Les
« deezernautes » peuvent, grâce à un catalogue de plusieurs centaines de milliers de titres enrichi
quotidiennement, écouter en toute liberté tous les styles musicaux.
Le site créé en France en juin 2006 par Daniel Marhely et Jonathan Benassaya est traduit en 16
langues.

Comment c'est financé Question
Citation:
...le service d’écoute à la demande de musique étant financé par la publicité


Je ne suis pas un adepte pour mesurer l'étendue de l'offre.
Mais on est dans l'esprit dentifrice Exclamation
On fait ses recherches, vas y que je clique et hop.
Moby (exemple) 4 pages de 50 titres.
On mélange tout ça avec des encarts de pub.

Je ne sais pas si on peut encore parler de "culture".

En tous cas, ça jette un sacré trouble pour le consommateur.
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rueda
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MessagePosté le: 16/11/2007 17:15    Sujet du message: Répondre en citant

mais quand on parle de "consommateurs", peut-on parler de culture ?

Pour moi, le débat n'est pas là, ce n'est pas un problème "technico-commercial" mais je parlerais plutôt d'un problème (attention, je vais dire un gros mot) phylosophique, et pour ma part, ma vision de la chose est bien différente...
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Road_Crusher
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MessagePosté le: 16/11/2007 17:31    Sujet du message: Répondre en citant

Xav a écrit:
Pour Radiohead, je n'avais pas envisagé sous cet angle.
C'est vrai qu'étant déjà connu, le gros du boulot est fait. Comme tu le dis, ça en revient à la maison de disque. Et ça change la donne.

Et oui... Wink

Xav a écrit:
Et les artistes qui percent via Internet sont une minorité.
Laurie, Kamini et et et Question (je sais pas)
Je ne sais pas si on peut les qualifier d'artistes ... Ils vendent des CDs en tous cas. Rolling Eyes

Attention, je ne parlais pas de se faire découvrir sur le net puis de se faire reprendre par une major. Si Kamini, Lorie ou Koxie avaient essayé de lancer leur disque seuls sur leur site internet, même avec l'intérêt porté par certains à leur page myspace ou sur emule pour Lorie, ils n'auraient rien vendu. D'autre part au moment ou Lorie a utilisé le net pour se faire connaître, c'était une époque bien différente (il n'y avait pas myspace et ses équivalents). Il faut bien garder en vue que le net est resté pour eux un moyen de se faire connaître auprès d'une major et absolument pas un moyen de vendre des disques. Et ça ne fait que 3 exemples sur une dizaine d'années, et on ne peut vraiment pas parler de qualité (Lorie à la base faisait un truc pour les gamins donc je la trouve moins criticable d'un point de vue qualitatif que les 2 autres).

Concernant Deezer, si les producteurs sont rémunérés correctement, le système est pas mal. Le seul souci c'est que comme la plupart les sites de téléchargements légaux de mp3 aujourd'hui il est difficile pour les indépendants de pouvoir mettre leurs titres en ligne. Il faut en général un catalogue déjà conséquent pour que le site accepte de faire la démarche, étant donné qu'il considère que la mise en ligne de titres et le paiement des royalties ont un coût qui n'est acceptable que si le fournisseur (producteur) lui propose une quantité d'albums minimale. D'où ta remarque sur l'offre réduite sur ce site.

D'autre part, concernant Deezer, la dérive est assez évidente : financé par la pub, quels sont les annonceurs les plus intéressés pour louer de l'espace publicitaire sur un site de musique? Bonne réponse, les maisons de disques. Et qui est capable d'allonger le plus pour ces espaces publicitaires? Bien joué les majors. Maintenant admettons qu'une major achète régulièrement de l'espace publicitaire sur le site et s'aperçoive que ses produits ne sont pas mis en avant régulièrement dessus, que va-t-elle dire? Exactement : "Eh les mecs, vous êtes gentils mais avec toute la tune qu'on dépense sur votre site, vous pourriez faire un effort et mettre en avant nos produits, sinon on pourrait reconsidérer notre budget pub sur votre site pourri!"
Et là on se retrouve avec le même système que les TV et les radios. La survie de ces médias ne dépend que de la pub (d'où l'intérêt du câble lors de son lancement avec des programmations thématiques originales, car le modèle était basé sur un abonnement en plus des pubs comme Canal+, ce qui permettait plus de liberté ; bien sûr aujourd'hui ça a bien changé). Internet n'apporte pas grand chose en réalité, c'est juste la transposition de ce qui existe déjà ailleurs sur un média qui n'est plus si nouveau que ça aujourd'hui finalement.

Xav a écrit:
En tous cas, ça jette un sacré trouble pour le consommateur.

Il s'agit du même trouble que tu vas retrouver dans les radios et les TV.

C'est là tout l'intérêt de la distribution traditionnelle en magasin ou sur des sites commerciaux sérieux comme amazon, où le client peut découvrir beaucoup de produits différents et affiner ses goûts en écoutant beaucoup de choses. Il faut considérer ces lieux comme l'équivalent des bibliothèques pour les livres ; il existe des médiathèques municipales c'est vrai, mais elles ont moins de références et en plus quelle société a envie de laisser un disque là-bas pour qu'il soit emprunté et copié encore plus facilement et plus rapidement que sur le net? Ca explique pourquoi les références y sont en général assez vieilles.
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Picco21
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MessagePosté le: 16/11/2007 18:45    Sujet du message: Répondre en citant

Road_Crusher a écrit:
Xav a écrit:
"]Et les artistes qui percent via Internet sont une minorité.
Laurie, Kamini et et et Question (je sais pas)
Je ne sais pas si on peut les qualifier d'artistes ... Ils vendent des CDs en tous cas. Rolling Eyes

. Et ça ne fait que 3 exemples sur une dizaine d'années, et on ne peut vraiment pas parler de qualité (Lorie à la base faisait un truc pour les gamins donc je la trouve moins criticable d'un point de vue qualitatif que les 2 autres).


C'est quoi pour toi, la qualité ? Cite moi tes références (qui ne sont surement pas les mêmes que ma nièce qui a 13 ans). L'important c'est de plaire à un "créneau" de public. Ma nièce se fout royalement que Lorie chante mal (en tout cas moins bien que la Callas) des chansons peut etre "débiles".

Ma génération, c'est Bowie, les Stones, les Beatles.

Celle d'avant, Brel, Brassens, Ferrat, Tino, Piaf. Avaient ils du talent plus que les autres ou etaient ils imposés comme maintenant ?
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